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L'haptonomie, une approche pour développer un véritable échange avec son bébé in-utéro

Connaissez-vous l’haptonomie ? Cette pratique fondée par Frans Veldman, un médecin Hollandais, après la seconde guerre mondiale, se nomme aussi la science de l’affectivité. L’haptonomie propose aux deux parents d’entrer en communication avec leur bébé in utéro par le biais du toucher affectif et ce dès la douzième semaine de grossesse.

Cette approche va également proposer au père de développer activement la relation affective avec son bébé et lui permettre de trouver sa place. Dans l’article, nous utilisons le mot “père” pour faciliter la compréhension, mais Carole accueille toutes les formes de couples parentaux.

Rencontre avec Carole, une psychologue formée la préparation affective à la naissance.

Peux-tu te présenter et nous raconter comment tu as découvert l'haptonomie ?

Je m’appelle Carole Beylier, je suis Franco-Canadienne et psychologue de formation (spécialisée dans l’accompagnement des enfants et des familles depuis une vingtaine d’années).  

La première fois que j’ai entendu parler de l’haptonomie, c’était lors de mes études universitaires en psychologie. J’ai visionné un documentaire qui s’appelle “le bébé est une personne”.

Dans ce documentaire, plusieurs professionnels intervenaient dont Françoise Dolto, qui pour moi est l’une de mes grandes références.

Le documentaire consacrait une interview à Frans Veldman, le médecin qui a inventé l’haptonomie, j’ai été fascinée par son intervention, j’ai ressenti un appel très fort pour cette pratique. J’ai été prise d’une certitude, je savais qu’un jour, je proposerai cette approche.

Puis, les années ont passé, j’ai commencé ma carrière de psychologue en France et j’ai immigré au Québec en 2007 où j’ai obtenu l’accréditation de l’Ordre des Psychologues du Québec pour y exercer mon métier. 

Je restais toujours à l’affût des formations en haptonomie. 

En 2012, j’ai appris que Brigitte Dohmen venait à Montréal pour proposer sa formation appelée la « préparation affective à la naissance » .

Brigitte est psychologue et haptonome. Elle a été formée en haptonomie par Frans Veldman, et par la suite, elle a créé sa propre formation avec les bases de l’haptonomie qu’elle a enrichie de ses expériences professionnelles. 

Je me suis donc inscrite à cette formation qui dure quatre ans. La formation comporte deux parties, un tronc commun qui dure deux ans sur la communication par le toucher affectif, c’est un travail de longue haleine qui demande beaucoup de travail personnel et puis deux années de spécialisation sur l’accompagnement de la grossesse, de l’accouchement et l’accueil du bébé.

Qu’est ce que l'haptonomie alors ?

Le mot “Haptonomie” vient du grec, il signifie “les lois du toucher affectif”. Plus globalement, c’est une approche qui propose aux parents de rentrer en relation avec leur bébé par le biais du toucher affectif pour pouvoir être à son écoute et l’accueillir pleinement dès les débuts de la grossesse. 
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Comment se déroule une séance ?

Dans un premier temps, nous allons proposer un temps de parole aux parents. Nous allons échanger sur toutes leurs questions relatives à la parentalité ainsi que leurs différentes peurs et leurs inquiétudes. 

Dans un deuxième temps, nous allons faire vivre l’expérience du toucher affectif aux parents

Ce toucher particulier se caractérise par le fait d’être complètement présent dans le toucher, nous créons un contact physique avec les mains sur le ventre de la mère. 

On dit que les mains sont le prolongement du cœur alors nous allons faire découvrir aux parents qu’ils peuvent déjà jouer avec leur bébé et même lui faire des câlins.

Des études scientifiques démontrent que le bébé exprime déjà ses émotions dès la grossesse et qu’il les émet par le langage du corps.

À travers la pratique, nous invitons le bébé à venir interagir avec ses parents. 

Petit à petit, un lien va se tisser, s’approfondir. Les parents sont invités à être dans une écoute respectueuse de qui est leur bébé et de comment il réagit.

Nous avons une règle d’or très importante, on invite le bébé à interagir mais ce n’est qu’une invitation. Parfois les bébés ne sont pas disposés à répondre et on apprend aux parents à être capable de respecter le choix de leur bébé. L’autre règle d’or est que le papa soit présent à toutes les séances.  

Dans les cas des femmes monoparentales, nous allons demander qu’une tierce personne s’investisse (ça peut être un(e) ami(e), un parent), on veut que cette personne soit là à toutes les séances (et dans l’idéal qu’elle puisse rester une personne de référence dans la vie de l’enfant). 

"Nous avons une règle d’or très importante, on invite le bébé à interagir mais ce n’est qu’une invitation. Parfois les bébés ne sont pas disposés à répondre et on apprend aux parents à être capable de respecter le choix de leur bébé."

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Cette approche permet alors au papa de développer sa relation avec le bébé et de trouver sa place dès la grossesse ?

Oui, tout à fait. Toutes les mamans du monde sont naturellement connectées à leurs bébés. Pour les pères qui ne vivent pas la grossesse dans leur corps, cette approche permet de les inclure totalement. Ils vont voir qu’eux aussi peuvent entrer en relation avec le bébé. 

Souvent, nous entendons des pères raconter qu’ils ont découvert leur enfant le jour de la naissance. A contrario les pères qui expérimentent cette approche nous disent qu’ils ont l’impression de connaître le bébé lorsque celui-ci naît. En fait, l’haptonomie va faciliter au père et à la mère le fait de se sentir parents dès la grossesse. 

Quand commencer la pratique ?

Il faut savoir que le premier sens que développe le bébé dans le ventre est le sens du toucher. Il le développe dès la huitième semaine de grossesse. Alors nous accueillons les parents à partir du début du deuxième trimestre de grossesse, autour de la douzième semaine.

On peut aussi accueillir les parents qui découvriront la préparation affective à la naissance en cours de grossesse, un peu plus tard.

Cette approche aiderait également pour l’accouchement ?

Effectivement, dans le deuxième axe, on va accompagner les parents à être conscients des processus physiologiques de l’accouchement et à être autonomes dans cette traversée.

Il y a encore toute une éducation à faire sur l’accouchement. Dans le collectif, il y a beaucoup de peurs et d’angoisses, alors nous communiquons beaucoup avec les deux parents.

C’est un moment où l’on va apprendre aux parents et au bébé à rester en contact et à vivre tous ensemble le jour de l’accouchement. Grâce à la préparation affective à la naissance les parents arrivent à l’accouchement mieux préparés. 

Par exemple, grâce à certains outils qui viennent de l’ostéopathie, on va aider la maman à la fin de la grossesse à recentrer son bassin pour qu’elle puisse porter le bébé de façon plus confortable et faciliter l’accouchement.

On va également enseigner aux parents comment le bébé doit se positionner dans l’utérus pour naître et comment l’accompagner le jour de l’accouchement.

Un bébé vit beaucoup de solitude dans son expérience de naissance, alors sentir que ses parents l’accompagnent fait toute une différence et lui amène un fort sentiment de sécurité. Souvent ces enfants vont développer une meilleure estime d’eux mêmes grâce à cela.

Nous offrons aussi à la maman un outil très concret issu du toucher affectif, qui peut transformer son rapport à la douleur.

Habituellement, les pères disent qu’ils se sont sentis impuissants face à l’accouchement de leur compagne. Dans la préparation affective à la naissance , nous allons offrir des outils pour que le père puisse se sentir utile. Je dis toujours aux pères qu’ils vont être le « coach » de leur femme et de leur bébé lors de ce grand passage. 

La mère va bien sûr grandement bénéficier de cet accompagnement par le père. Elle va se sentir sécurisée, elle-aussi, par cette présence affective de grande qualité. Elle pourra ainsi accepter de plonger dans cette expérience avec plus de confiance.

"C’est un moment où l’on va apprendre aux parents et au bébé à rester en contact et à vivre tous ensemble le jour de l’accouchement."


On peut lire parfois que cette approche tend à développer une certaine hyperactivité chez certains enfants et qu’il ne faudrait peut-être pas tant solliciter le bébé.

On a découvert que c’est quelque chose qui circule sur les réseaux sociaux, mes collègues et moi-même. Nous sommes un peu surpris par cette vision des choses car la base de l’haptonomie est d’être pleinement à l’écoute de son bébé et de respecter son rythme.

La première chose que l’on va communiquer aux parents est que le bébé est libre de répondre ou pas. Ils comprennent qu’on ne va pas embêter le bébé, ni le solliciter si celui-ci n’a pas envie. Nous sommes toujours dans le respect de l’enfant, on ne force pas les choses. 

D’ailleurs on accompagne aussi les parents à expérimenter le lâcher-prise. Lors de la formation Brigitte Dohmen nous enseignait un concept primordial qu’elle appelle : « l’intervention minimale nécessaire ». Pour accoucher, il faut être capable d’accepter l’imprévu. On se sait jamais comment va se dérouler un accouchement même si on en connaît les grands principes physiologiques. Chaque femme est unique, chaque bébé est unique, chaque accouchement est unique. Là aussi on doit être à l’écoute de ce que le corps de la mère nous raconte, dans le respect de ce qui advient, sans forcer les choses.

Au niveau du post- partum, est-ce que l'haptonomie peut aussi adoucir ce moment ?

Oui, nous faisons beaucoup de prévention, d’éducation et nous communiquons sur le post-partum. Durant les séances, les mères commencent à explorer la façon dont elles ont envie d’être maman, elles se sentiront un peu moins perdues à la naissance, ce qui ne veut pas dire que tout est merveilleux mais ce processus va un peu faciliter les choses. 

Puis, nous suivons également les parents après la naissance, ils ont en général beaucoup de questions après l’accouchement. On leur propose de revenir pour une ou deux séances.

Dernière question, j’ai découvert que cette approche peut aider les parents qui suivent un parcours de PMA ou les parents qui vivent des événements compliqués lors des grossesses, voir même une interruption de grossesse ?

Oui, nous pouvons accompagner les parents dans toutes ces situations. C’est assez rare que les gens nous contactent par eux-même dans ces cas-là. Souvent ils vont nous être référés par des professionnels. On s’adapte à chaque situation.

Pour plus d’informations et prise de rendez-vous, vous pouvez prendre contact
avec Carole qui pratique désormais en France.

Carole Beylier 
beylier.carole@gmail.com
www.carole-beylier-psychologue.com

Témoignage recueilli par Emilie Braymand. Retrouvez d’autres témoignages et articles sur notre blog.

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