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Témoignage

Rafael est devenu papa à 23 ans

Rafael avait 23 ans lorsqu’il est devenu papa. Insouciant, il croquait la vie à pleine dent sans se soucier du lendemain et sans imaginer une seule seconde devenir père. Alors comment accepter que sa vie ne sera plus jamais la même, comment assumer l’arrivée d’un enfant sans l’avoir choisi et comment réorganiser son quotidien quand on vient de rentrer dans la vie de jeune professionnel ? Rafael est revenu sur son histoire et la naissance de son fils Zachary. Il nous livre sans tabou et avec émotion son témoignage sur l’arrivée de son petit garçon, sa construction en tant que père et sur le lien précieux qu’il a tissé avec lui.

Peux-tu te présenter ?

Mon nom est Rafael, j’ai 34 ans, je vis à Montréal. Je suis papa d’un garçon qui s’appelle Zachary et qui a 11 ans. j’ai longtemps travaillé dans le monde de la bijouterie du côté de la clientèle, de la gestion et de la réparation. L’an dernier, j’ai repris des études pour renouer avec mon côté créatif et pouvoir apprendre la création joaillière. 

Je suis en couple avec ma compagne depuis bientôt 11 ans, mais qui n’est pas la maman de mon fils.

Peux-tu nous expliquer le contexte dans lequel Zachary est venu au monde ?

À l’époque, j’étais en couple depuis peu de temps avec une personne plus âgée que moi. Très rapidement, elle a ressenti le désir d’avoir un enfant, ce qui n’était pas du tout mon cas. J’avais 23 ans et je ne savais pas où cette relation allait nous mener. Je vivais ma vie avec intensité et j’étais une vraie “tête brûlée”. 

Je ne veux pas revenir sur les circonstances exactes du contexte dans lequel a été conçu Zac, mais un jour, mon ex-compagne m’a annoncé qu’elle attendait un enfant. Ce fut une surprise totale pour moi, je n’avais jamais imaginé devenir père si jeune et surtout pas avec quelqu’un que je fréquentais depuis si peu de temps.  

Je ne souhaitais pas forcément garder le bébé mais sa mère m’a imposé deux choix sans concession : soit je devais m’engager pleinement dans le rôle du père, soit elle couperait les ponts avec moi. La décision ne fut pas simple à prendre. Ce fut un long processus, j’ai beaucoup réfléchi. J’ai eu la chance d’avoir le soutien de mes parents qui m’épaulaient quelque soit ma décision.  

Parfois, je m’imaginais rencontrer mon fils et sa mère dans la rue et ce scénario m’était insupportable. Je ne pouvais pas avoir cette histoire sur la conscience. J’ai alors pris la décision d’assumer et de m’investir dans la paternité. Je ne pouvais pas imaginer toutes les implications émotives que la naissance d’un enfant implique jusqu’à la naissance de Zach.

"Parfois, je m’imaginais rencontrer mon fils et sa mère dans la rue et ce scénario m’était insupportable. "

Peux-tu nous raconter la naissance de Zach ?

Pour ma part, j’ai vraiment eu le déclic à la naissance. Dès la première seconde où je l’ai vu, ce petit bébé est devenu la septième merveille du monde. C’était réellement une épiphanie, tout s’éclairait subitement, j’avais l’impression d’avoir compris le sens de la vie. 

La maman a eu une césarienne assez compliquée, elle était en salle de réveil alors j’ai passé les premiers moments en peau à peau avec Zach.  

Il avait les yeux grands ouverts et l’on s’est regardé de longues minutes les yeux dans les yeux. Un moment suspendu, hors du temps. Il cherchait le sein, je lui ai donné mon petit doigt qu’il a tout de suite sucé très fort. 

Il découvrait le monde et moi je me découvrais père. J’étais complètement bouleversé, plusieurs sentiments me traversaient, je me demandais qui était ce petit être que je venais tout juste de rencontrer et en même temps je j’aimais déjà infiniment. 

Pour la petite anecdote, la sage femme m’avait bien prévenu de ne pas m’endormir avec le bébé dans les bras mais après de longues minutes  et ce trop plein d’émotions, nous nous sommes endormis tout les deux.

Qu’est ce qui a changé dans ton quotidien, comment t’es tu organisé ?

À l’époque, je travaillais dans une bijouterie où le rythme était très intense et très stressant. Je faisais des heures sans fin, ce n’était pas du tout compatible avec un nouveau-né. Surtout que Zach est né le 30 novembre et nous étions dans la période la plus occupée avec les fêtes de fin d’année. J’ai pu prendre mon congé paternité en janvier.

Puis très vite, l’histoire avec la maman de Zach n’a pas tenu, nous nous sommes séparés après la naissance. J’ai alors retrouvé un travail plus souple et je suis retourné vivre chez mon père qui avait une grande maison. 

Au début, j’avais la garde de Zach une fois par semaine, puis au bout de quelques mois, nous avons commencé une garde partagée. Mes parents m’ont également beaucoup aidé, je me rappelle que mon père se levait parfois la nuit pour lui donner le biberon et ma mère s’est aussi beaucoup investie. 

Qu’est ce que tu as trouvé le plus difficile ?

Ce que j’ai trouvé le plus dur, c’est d’avoir fait un enfant avec quelqu’un que je n’aimais pas. Mon réflexe a été de me dire qu’élever un enfant avec quelqu’un qu’on aime doit être extraordinaire. Il n’en reste pas moins que je fais de mon mieux pour élever Zach.

J’ai également trouvé la pression sociétale et la pression du corps médical très pesante autour des injonctions “du bon père de famille”. J’aimerais d’ailleurs parler de mon expérience que j’ai vécu en tant que jeune papa à l’hôpital pendant la naissance de Zach.

J’avais beaucoup de questions à poser au médecin, comme tous les pères et le médecin m’a complètement ignoré, il répondait à la mère de Zach sans me regarder. De toute évidence, je ne cadrais pas avec l’image idéale du père. Un médecin m’a même dit sur un ton méprisant : “est-ce que tu as bien 18 ans pour être ici”. J’ai réellement été marqué par toute cette condescendance du personnel hospitalier mais j’espère être un cas isolé. 

"J’ai également trouvé la pression sociétale et la pression du corps médical très pesante autour des injonctions du bon père de famille."

Est-ce que sa naissance a changé ton rapport avec tes amis ?

Avec certains amis, le décalage était tellement abyssal que plusieurs relations se sont terminées par elles-mêmes, puis très vite, après la rupture avec sa mère, j’ai rencontré ma compagne actuelle qui a tout de suite accepté Zach. Je n’ai pas eu la sensation de devoir faire beaucoup de concessions avec l’arrivée de mon fils car je l’ai emmené rapidement de partout avec moi. 

On oublie parfois que les enfants s’adaptent bien. Zach connait tous mes amis et il est très à l’aise avec tout le monde. Il a d’ailleurs fait son premier grand voyage à 16 mois pour voyager en France en famille. 

Quel papa es-tu avec Zach ?

Je suis proche de sa réalité, j’ai encore un cœur d’enfant, alors nous partageons beaucoup de choses et nous sommes très proches. Zach est un petit garçon qui a immergé dans un monde d’adulte rapidement, il s’adapte de partout. ll est très attachant et très drôle. Comme on dit au Québec “il ne l’a pas toujours eu facile” mais il a une grande résilience, il m’impressionne toujours. Il peut-être assez anxieux mais c’est un petit garçon qui s’est toujours discipliné par lui-même. 

Je ne me considère pas comme un père sévère, j’ai toujours gardé ma tendance casse-cou, je ne l’ai jamais mis dans une bulle. L’hyper- sécurité des enfants m’agace fortement, je ne suis pas inconscient, je sais qu’il y a des risques mais j’ai décidé de faire confiance à Zach en favorisant son autonomie au maximum. 

Zach m’a aussi probablement sauvé, j’étais “un jeune con” à l’époque, sa naissance a fait de moi un adulte responsable et j’ai accepté tout de suite ce qu’implique l’éducation d’un enfant. 

As-tu des conseils à donner à des futurs jeunes pères ?

Se rappeler que chaque instant est précieux et profiter au maximum chaque jour. 

J’ai pris la décision que ça serait mon seul enfant et à aucun moment je ne retournerai en arrière. Je profite et je grandis avec lui à chaque étape. Il faut aussi s’écouter et faire ce qu’on pense être juste pour l’enfant même si ce n’est pas la voie de la facilité. J’ai toujours discuté de tout et de rien avec Zachary, je ne lui ai jamais parlé avec une voix infantilisante. 

Aussi, dans la société actuelle qui laisse parfois moins de place au père, je conseillerais de ne pas hésiter à prendre sa place de père dans toutes les sphères de la vie de votre enfant.  

"Se rappeler que chaque instant est précieux et profiter au maximum chaque jour. "

Témoignage recueilli par Emilie Braymand. Retrouvez d’autres témoignages de parents sur notre blog.

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